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Premier voyage en Inde de CLC

Là-bas LA BIBLE est plus urgente que le RIZ

 

 

Au Sud des Indes à Trivendrun

g. à dr. Loi-et, Yacob, pasteur indien
Sastry qui évangélise les tziganes, le rédacteur

 

 

DES MILLIONS meurent sans le Christ d'une mort éter­nelle... Seul JESUS, le Pain de Vie, donne la Vie Eternelle. Mais comment le sauront-ils si personne ne va leur dire ? La presse, la radio, la télévision faisaient, en ce début d'année, grand tapage sur le sort de millions d'indiens qui, selon ces informations amplifiées, devaient mourir à la fin du mois de mars; faute de nourriture. Tantôt on publiait la triste nouvelle que 20 MILLIONS d'enfants étaient en péril, tantôt on précisait que 70 MILLIONS d'indiens allaient mou­rir en raison d'une pénurie de riz. A notre retour une lettre­ circulaire signée de plusieurs pasteurs renchérissait en in­diquant que 110 millions étaient menacés de mourir de faim dans les 3 mois.

En partant de France, nous nous demandions s'il ne fal­lait pas emporter avec nous des provisions puisque la famine était dans tout le pays et que les gens mouraient de faim comme des mouches dans les rues.

Je me dois de dire ce que j'aie vu.                                                             

 Clément LE COSSEC

 

 

 

 

 

JAI VULES INDES SON VRAI VISAGE SON ATTENTE de la NOURRITURE qui ne périt pas !

Premier contact avec les Indiens à BOMBAY

 

Dès la sortie de l'aéroport, c'est l'Orient qui s’accro­che à vous et vous enveloppe. La chaleur vous surprend, les hommes au teint basané et parfois chocolat vous assail­lent de toute part pour vous proposer un taxi, vous conduire à un hôtel où vois changer votre argent au marché noir » et à un taux deux et trois fois supérieur à celui de la banque. Un flot de gens dans les rues vous impressionne et vous rassure, la mort n'est pas dans la rue, mais la vie.

Arrivés à Bombay, en ce soir du 16 mars, nous avions après notre installation à l'hôtel, le vif désir de descen­dre dans les rues avoisinantes et de prendre contact avec la population.

 

 

Les Rues

 

Le premier spectacle qui vous surprend c'est celui des corps allongés ou recroquevillés sur des couvertures, des sacs, ou même sur le sol nu. Ils sont là devant vous par centaines sur les trottoirs, sur les pelouses. Quand la nuit est venue ils se sont endormis là, comme tous les soirs, et le bruit de la rue ne trouble pas leur profond sommeil. Des petits enfants sont blottis contre leur père, mais rares sont les mamans qui passent la nuit dans la rue avec leurs enfants. Ces scènes vous émeuvent surtout lorsque les corbeaux croassent sans cesse en tournoyant dans l'obscurité de la nuit percée par la lumière des lam­padaires qui éclairent timidement ces multitudes de visa­ges bruns. On croirait entendre et voir des carnassiers se préparer à dévorer les cadavres gisant partout dans la ville comme après une bataille. Mais il ne s'agit pas de «  morts » ni de gens squelettiques attendant la « mort » d'un moment à l'autre parce qu'il n'y a pas de riz. Ils dor­ment dehors parce que les maisons sont trop étroites et surtout parce qu'il fait meilleur dormir dehors à cause de la grande chaleur. Néanmoins parmi ceux qui ainsi cha­que soir dorment à la belle étoile il y a bon nombre de malheureux, comme dans tous les pays du monde.

Des rats, que certains adorent comme dieux, passent devant nous en trottinant et en se faufilant entre les corps ; quelques autres bestioles errent çà et là sur le trottoir. Une odeur infecte vous encercle par endroits car chacun fait ses besoins n'importe où le long des haies ou des murs, et alors on comprend pourquoi on nous a obligés à être vaccinés contre le choléra avant le départ. Le tableau de la misère est plus poignant à la sortie de Bombay, vers l'aéroport où des cabanes faites de terre et de paille cons­tituent une sorte de bidonville. Là les ruisseaux de boue. tout-à-l'égoût de plein-air, augmentent l'aspect de détresse. Mais Paris a aussi ses bidonvilles et ceux de la banlieue à La Courneuve sont peut-être pires. Paris et les grandes villes du monde ont aussi leurs clochards, leurs malheureux et il serait donc inexact de dire, en parlant seulement de la misère Voilà les INDES !

 

Les Images

 

Il me serait facile de publier une photo d'un malheu­reux allongé sur le trottoir et dormant d’un bon sommeil, ou encore celle d'un mendiant déguenillé, et, avec ces images, - implorer la pitié des Occidentaux, mais ce serait tromper les lecteurs. De telles illustrations seraient des mensonges. Le vrai visage de l'Inde est tout autre. On connaît à certai­nes époques la crainte de la famine à cause de la sécheresse, mais en ce moment on n'y meurt pas de faim. Nous n'avons vu personne mourir de faim. Nous n'avons vu personne manquer de nourriture.etc...

La Vie

 

Quand le soleil se lève, l'armée allongée sur les trot­toirs se lève aussi. Dès le jour, les rues s'animent, et cette grande ville de Bombay est une véritable fourmilière avec ses 7 millions d'habitants. On fait la queue pour attendre l'autobus rouge « anglais » à un étage. On sort par grou­pes opaques de la gare. Chacun va à son travail. Tous sont très propres, les hommes vêtus de blanc en général, les jeunes filles et les femmes drapées dans de jolis « saries » de couleurs vives. A la sortie des écoles les fillettes aux longues nattes noires et les garçons aux culottes blanches, respirent la santé. Sur les trottoirs s'installent les mar­chands de pommes de terre, de riz, de tomates, de raisin, d'oranges, de noix de coco, etc... etc...

CONTACT AVEC LES INDIENS RELIGIEUX

Peuple Travailleur

Nous nous sommes dirigés -vers le Sud, but de notre Mission. De Madras à Trivandrum, en voiture, à travers villes et villages, nous avons été en étroit contact avec la population. C'est une population laborieuse, travaillant souvent dans des conditions pénibles et pour un gain bien minime, telles les femmes qui goudronnent les routes de leurs mains pour un salaire de 2 F par jour, tout juste le nécessaire pour acheter le riz indispensable pour ne pas mourir de faim. Cette population est aimable, calme, accueillante, attachante par sa simplicité et sa bonté

Peuple Mystique

 

Le peuple est mystique et, partout, dans chaque village il y a une « idole », un « dieu », des temples, des petits ou des grands; partout des adorateurs à la recherche de la félicité de l'âme et ne la trouvant pas. Temples et dieux se succèdent et les foules comme une marée passent et re­passent devant des statues plus ou moins hideuses, plus ou moins colorées, représentant oiseaux et quadrupèdes, ou êtres humains aux bras multiples et aux noms étranges, dieux-hommes ou hommes-dieux, et ces dieux se multiplient presqu'à l'infini, ils sont des millions, nés de la supersti­tion qui s'est greffée sur la philosophie religieuse mêlée de spiritisme.

Dans les bassins sacrés intégrés aux temples, les fidèles viennent se baigner avant d'aller présenter au « dieu » une corbeille de fruits dont une partie sera offerte au prêtre. Mais les dieux, les « idoles muettes » sont à l'abri des yeux des profanes, cachés au fond d'un trou noir, dune chapelle obscure, d'une niche où seuls entrent les initiés membres de la religion hindoue. A l'extérieur de ces chapelles vous êtes admis et sur le parvis, assis à terre, en cercle, barri­cadés derrière une ceinture de corde, des prêtres prient et bavardent, égrènent leurs chapelets et observent les visiteurs, puis par saccades élèvent la voix pour une prière monotone réclamant protection et bénédiction de la divinité.

Il faut se déchausser

 

On n'entre ni dans les temples hindous, ni dans les mosquées musulmanes sans enlever ses souliers, ce qui donne occasion à ceux qui les gardent à l'entrée d'amasser quelque argent. Ce respect des lieux sacrés dont l'exemple nous est donné en l'histoire de Moïse devant le buisson en feu au désert du Sinaï, s'est prolongé aux Indes dans les églises. On laisse ses chaussures ou sandales à l'entrée des salles évangéliques pour aller s'asseoir selon la coutume sur des tapis ou des nattes et s'il y a quelques chaises c'est souvent pour les étrangers.

l' Idolatrie

 

Le peuple cherche Dieu, à se réconcilier avec lui, à obtenir de. lui la félicité, et fait ce qu'il croit être bien pour l'atteindre en suivant les seuls enseignements reçus depuis la jeunesse. La doctrine hindoue ne laisse pas aisé­ment percer tout son mystère et il est difficile à un occi­dental de la comprendre à fond, mais à l'enseignement théosophique ou spirite ou métaphysique se mêle une idô­latrie qui pullule dans le pays, idôlatrie que l'on retrouve d'ailleurs dans certaines religions comme le catholicisme. A New-Delhi j'ai vu les femmes hindoues frotter de leurs doigts l'idôle sculptée sur le mur, puis l'embrasser et en frotter les pieds avec un linge pour emmener avec elles une certaine bénédiction. Cette attitude ne diffère en rien de celle du catholique qui, au Vatican, touche le pied en bronze de la statue de Saint-Pierre et lui embrasse l'orteil. Même superstition, même idôlatrie, et comme me le disait un hindou venu à la Lumière de l'Evangile du Christ. Pour nous hindous, les saints, les statues du catholicisme, c'étaient des dieux s'ajoutant aux nôtres » !

Pour ces 470 millions d'âmes le Christ est un inconnu. Les 3/4 sont hindous, le 1/5 musulman, et le paganisme règne ainsi sur ce vaste pays où cependant l'Evangile fut apporté par l'apôtre Thomas dont le tombeau se trouve à Madras dit la tradition. Quelques chrétiens se réclament de cette succession « apostolique » soit depuis près de 2.000 ans_ La Bonne Semence y a été étouffée au cours des siècles par les doctrines de « démons » dont parle l'apôtre Paul.

 

 

 

Jai vu les Indes  APPORT DES NATIONSDITES CHRETIENNES

Pour les Indiens, tout ce qui vient de l'Occident est chrétien, que ce soit français ou anglais ou américain, que ce soit catholique ou protestant ; pour eux, tout cela est identique.

Des missionnaires sont venus et ont parlé du Christ, mais aussi des colons dits « chrétiens sont venus et...

 

 

L'ALCOOL a été importé par les Français là où ils installèrent leurs « comptoirs »...

LE DEPOUILLEMENT s'est fait systématiquement par les Anglais qui ont pris les richesses du pays et lais­sé le peuple dans la grande misère...

DES FUSEES y font leur appari­tion avec le concours des Français et des Allemands. Nous avons ren­contré dans le Sud, près du mémorial de Gandhi, un ingénieur français en­voyé par le gouvernement français dans ce but Il faut bien se prépa­rer en vue d'une éventuelle guerre avec la Chine ! !

DU BLE est envoyé par milliers de tonnes par l'Amérique pour aider les sous-alimentés... Oui, mais aussi en même temps est envoyé du TABAC par milliers de tonnes, selon la nou­velle parue dans un journal des In­des et que j'ai lu là-bas en mars der­nier. Du tabac pour des gens que l'on dit mourants de faim ! Comment croire à cette charité comme étant « chrétienne   ?

DES MILLIARDS. Oui, des appels pathétiques ont été lancés pour sau­ver les Indes. L'Occident s'est ému après avoir laissé pendant des siècles ce peuple sans secours ! Mais ces mil­liards, où vont-ils ? Ils fournissent des devises pour mieux armer les Indes contre la Chine ? Cette aide-là est-elle bonne ? Ne vaudrait-il pas mieux, comme le disait un ingénieur agronome venu là-bas pour vivre en chrétien, leur apprendre et les aider à mieux irriguer leurs terres, à obte­nir trois récoltes là où ils n'en ob­tiennent qu'une et demie. Une aide passagère pour augmenter un peu la ration de riz n'est pas la solution...

L'ARRET  DES  NAISSANCES. Pour  prévenir une famine dont la cause serait une trop forte densité de popu­lation, le gouvernement fait une pu­blicité tapageuse pour l'emploi des pillules anti-concept ionnelles venues d'Occident !

Le christianisme d'Occident ne vaut guère mieux que le paganisme d'Orient, si par ce christianisme on entend le christianisme de nom, de façade, d'étiquette.

Gandhi serait probablement de­venu chrétien s'il n'avait visité l'Europe, a dit Sundar Singh.

(Aux Indes j'ai appris que Gandhi se trouvant en Afrique du Sud vou­lut se rendre dans une Eglise et vit au fronton de l'Eglise cette inscrip­tion : « interdit aux gens de cou­leur ». Alors il fit cette réflexion

Comment puis-je devenir chré­tien puisque je ne puis franchir la porte de l'Eglise du Christ » !).

Il y a un vrai christianisme, et ce­lui-là il faut vite le propager avant la nuit. Déjà, aux Indes, parmi les dieux impuissants, muets et sourds, s'infiltre çà et là l'idéologie commu­niste et l'on voit flotter dans les vil­lages le drapeau rouge... Cela aussi vient d'Occident...

L'Asie bouge... La fin est proche... et il est temps encore que les chré­tiens authentiques eux aussi bougent et se consacrent plus que jamais pour que le NOM et la PUISSANCE et l'AMOUR du Christ vivant soient con­nus... jusqu'aux extrêmités de la terre.

 

 

 

 

J’Ai VU LES INDES

Sentiment de pitié ou conscience du devoir

Le sentiment de pitié ne doit pas supplanter la cons­cience du devoir. Aider les pauvres est certes dans le pro­gramme chrétien, mais être témoin dans le monde est pri­mordial.

Quand la presse ou la radio dépeint un tableau impres­sionnant de millions sur le point de mourir de faim en quel­ques semaines, alors la corde sensible de la pitié est touchée et chacun donne pour retarder la mort physique.

Mais il est une mort beaucoup plus tragique, celle del’âme, et depuis des générations, des millions et des millions sont morts spirituellement de faim parce que l’on ne s'est pas soucié de leur apporter la seule vraie nourriture de l’âme la Parole de Dieu, canal révélateur au Pain Vivant descendu du ciel et appelé le CHRIST. Et la génération d'au­jourd'hui périra encore si les chrétiens dans le monde n'ou­vrent pas leurs yeux sur cette « grande moisson ».

Aux Indes, des millions ne mourront pas de faim cette année. Il y a là-bas des enterrements comme dans tous les pays du monde et, au cours de notre voyage, alors que nous avons vu des dizaines de milliers de gens, nous n'avons ren­contré que trois enterrements, l'un précédé de musique, voi­re de tambour, et c'étaient des personnes âgées, probable­ment décédées de mort naturelle ; mais nulle part, contrai­rement à ce que disent les journaux, on voit des gens tomber mort de faim dans la rue !

Par contre, les millions d'âmes de ce pays sont étrangè­res à la grâce qui est en Jésus-Christ. Elles ne connaissent pas jésus-Christ et elles sont en état de perdition !

Est-ce que notre cour est autant ému de compassion à l'ouïe des besoins spirituels de ces peuples qu'à celle des besoins de nourriture pour le corps ?

Trop souvent la chrétienté a un sentiment d’apitoiement sur es conditions physiques et on donne plus généreusement pour secourir physiquement que poix secourir une äme perdue dans le péché loin de Dieu. Il est temps que la chrétienté secoue l’indifférence à l’égard de la faim Spirituelle de ces populations.

Comment aider et atteindre ces populations

Tandis qu’il est possible et qu'il fait encore jour, nous nous devons d'aider, mais encore faut-il le faire de façon intelligente et non pas sous l'impulsion de nos sentiments.

Actuellement dans ces pays d'Orient, le christianisme y a son chemin difficile car les faux chrétiens et les hérésies en ont obstrué l'avance. Néanmoins, l'Esprit de Dieu peut encore faire des brèches dans ce bastion du paganisme.

Le missionnaire ne peut s'établir, il en est banni. Le directeur de l'Institut National de la Culture aux Indes me disait que s'il avait la direction du Gouvernement il met­trait tous les chrétiens hors de son pays. Le mot «mission­naire » apparenté à c colonisateur » est aujourd'hui détesté­ .II y a eu saris aucun doute des missionnaires de grande va­leur qui cm su vivre de telle manière que le christianisme était adrniré, mais hélas tant d'autres ont vécu à la manière occidanta4, dans des appartements à air conditionné et sans contait intime avec la population et surtout dominant avec  supériorité  à l’argent reçu d'occident.

Eglises Evangéliques !

Il ya aujourd'hui des dizaines de milliers de chrétiens évangeliques de pentecôtes, plus de 100.000 sans aucun doute te, mais en fait il est difficile d'avoir une statistique précise, et certains ont avancé le chiffre d'un million.

Aujourd'hui, il faut là-bas des hommes vivant comme eux, avec eux, pour eux. Mais le mieux est de soutenir et de conseiller les prédicateurs indiens eux-mêmes. Ils ont coura­geusement pris en main les destinées spirituelles des églises après la faillite des missions. Prêts, ils le sont, mais vivre, il le faut et les églises sont en général trop pauvres pour les soutenir. Avec 200 F par mois ils se nourrissent car leur ali­ment principal et économique est le riz. Et puisque les chré­tiens sont touchés par l'appel à l'aide en faveur des Indes, pourquoi n'orienteraient-ils pas leurs secours vers les chré­tiens de ce pays ?

Orphelinats et prédicateurs

Il y a différentes façons d'atteindre ces populations. L'une des activités qui se répand est la création d'orphelinats pour recueillir les enfants déshérités ou abandonnés car il n'y a pas dans ce pays d'assistance publique. Bien des pas­teurs ont créé parallèlement à leurs églises des orphelinats,